Sommaire du guide
- Préface
- 1. Vous n'êtes pas en train de devenir fou, et vous n'allez pas mourir
- 2. La peur, cette vieille alliée qui vous veut du bien
- 3. Le tonneau : d'où viennent vraiment vos crises
- 4. La fausse alerte : pourquoi votre corps s'emballe
- 5. Des nerfs à vif : la sensibilisation
- 6. Vos symptômes, un par un : pourquoi ils ne sont pas dangereux
- 7. Les pensées de crise, démontées une par une
- 8. Cette étrange sensation d'irréalité
- 9. Vous faire aider, et la question des médicaments
- 10. La peur de la peur : le vrai moteur du problème
- 11. L'anticipation : la crise avant la crise
- 12. L'évitement : le piège qui rétrécit votre vie
- 13. Les comportements de sécurité : l'agent secret du quotidien
- 14. La réassurance sans fin : Google, le pouls et la question qui tue
- 15. Pourquoi tout ce que vous avez essayé a échoué
- 16. La vague : comprendre pour ne plus lutter
- 17. Le réflexe SOS, vue d'ensemble
- 18. Premier temps : Stopper le combat
- 19. Deuxième temps : Observer et accueillir
- 20. Troisième temps : Se laisser porter
- 21. S'entraîner à froid, pour que le réflexe soit là le jour J
- 22. Le réflexe SOS sur le terrain, scène par scène
- 23. Cesser de fuir, concrètement
- 24. Alléger les béquilles, une par une
- 25. Reprendre les lieux et les situations, barreau par barreau
- 26. La patience : le temps, la fatigue et les faux plateaux
- 27. Le terrain : café, alcool, sommeil, et un corps qui bouge
- 28. Les rechutes sont normales : votre plan pour les jours gris
- 29. Et après : vivre sans la peur de la peur
- Les textes des audios SOS
Chapitre 9
Vous faire aider, et la question des médicaments
Je veux être honnête avec vous, parce que c’est une question de confiance, et parce que ce guide ne vaudrait rien s’il esquivait ce sujet.
Cette méthode a aidé beaucoup de gens, et je crois de tout mon cœur qu’elle peut vous aider. Mais elle ne remplace pas un soin, et elle n’est en compétition avec personne. Ni avec votre médecin, ni avec un psychologue, ni avec quoi que ce soit qui vous fait du bien. Elle peut très bien accompagner un suivi ou un traitement. Les deux ne s’excluent pas, ils s’additionnent.
Quand il faut plus que ce guide
Il y a des moments où il faut aller chercher de l’aide, et savoir les reconnaître fait partie du chemin.
Si votre anxiété est sévère au point de vous empêcher de vivre, de travailler, de sortir de chez vous. Si vous sentez que vous glissez vers la dépression, plus d’envie, plus de goût, plus d’espoir. Si vous ne voyez plus d’issue, ou que des pensées sombres vous traversent. Alors n’attendez pas d’avoir fini un guide. Parlez-en sans tarder à votre médecin ou à un professionnel de la santé mentale. Et si malgré votre travail avec cette méthode vous n’avancez pas, ou si vous avez simplement le moindre doute, demandez de l’aide aussi.
Je veux être très clair sur un point. Ce n’est pas un échec. Ce n’est pas “ne pas y arriver seul”. C’est même l’une des choses les plus fortes et les plus justes que l’on puisse faire pour soi. Les personnes les plus solides que je connaisse sont celles qui savent quand appeler du renfort.
Un mot pratique, pour ceux qui envisagent un accompagnement. Les approches qui ont fait leurs preuves sur les crises de panique sont bien connues des professionnels, et un psychologue ou un psychiatre saura vous orienter. N’ayez pas peur de poser des questions lors d’un premier rendez-vous, de demander comment la personne travaille avec les troubles anxieux. C’est votre chemin, vous avez le droit de choisir qui vous accompagne.
Les médicaments, parlons-en calmement
La question revient toujours, alors je vais y répondre comme j’aurais aimé qu’on me réponde, clairement, et sans caricature dans aucun sens.
Les médicaments de l’anxiété, c’est une décision médicale, personnelle, à prendre avec votre médecin. Ni à craindre par principe, ni à exclure par principe. Pour certaines personnes, à certains moments de leur vie, un traitement aide vraiment. Il abaisse le niveau de l’eau assez pour qu’on puisse enfin nager, et c’est très bien. Pour d’autres, il n’est pas nécessaire. C’est du cas par cas, et le seul avis qui compte est celui d’un médecin qui vous connaît.
Moi, à l’époque, j’ai choisi de chercher une autre voie. Je voulais d’abord essayer par moi-même, comprendre, apprendre. C’est mon histoire, et c’est ce que je partage avec vous dans ce guide. Mais ce n’est pas une règle pour tout le monde, et je ne vous dirai jamais d’arrêter ou de refuser un traitement qui vous fait du bien. Ça, ça se décide avec votre médecin, jamais dans un livre, jamais sur une page internet.
Quand je dis que cette méthode fonctionne “sans médicament”, je décris simplement ce qu’elle est, une approche qui agit par la compréhension et par un nouveau rapport à la peur. Ce n’est jamais un message contre les médicaments, et si vous suivez un traitement en lisant ces lignes, tout ce guide s’applique à vous exactement pareil.
Voilà, le cadre est posé, honnêtement. Vous comprenez maintenant ce qui vous arrive, vous savez que vous n’êtes pas seul, et vous savez où sont les renforts si besoin. Reste une question, et elle a de quoi rendre fou. Si tout ça n’est qu’une fausse alerte, sans danger réel, pourquoi est-ce que ça ne s’arrête pas ? Pourquoi les crises reviennent-elles, encore et encore, des mois après la période difficile qui les a lancées ?
La réponse tient en une mécanique, une seule. C’est le vrai tournant de ce guide, et c’est maintenant.