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Chapitre 23

Cesser de fuir, concrètement

Un chemin en zigzag qui monte vers un horizon dégagé

Vous avez vu dans la deuxième partie que fuir une situation soulage sur l’instant et nourrit la peur pour longtemps. Je ne vais pas y revenir, le piège est compris. Voyons plutôt comment on en sort, parce que c’est plus simple, et plus doux, que ce que vous imaginez.

Le principe : rester est la leçon

Le principe tient en une phrase. La prochaine fois qu’une crise monte dans une situation, au lieu de fuir, vous restez, et vous appliquez le réflexe SOS. C’est tout. Vous n’avez pas à être héroïque, pas à viser le calme olympien, pas à “réussir” quoi que ce soit. Vous avez juste à rester un peu plus longtemps que ce que votre peur voudrait.

Pourquoi ça marche ? Parce que c’est la seule expérience qui recalibre l’alarme. Chaque fois que vous restez et que la crise redescend sans qu’aucune catastrophe n’arrive, votre cerveau enregistre une donnée nouvelle, en direct, incontestable : je suis resté, et il ne s’est rien passé. Répétez cette expérience, et l’alarme se recalibre toute seule. Pas par la volonté, pas par le raisonnement, par la preuve. Le cerveau ne croit pas les discours, il croit les expériences, et vous allez lui en fournir.

Un point essentiel, pour ne pas vous décourager dès la première fois. Le but n’est pas de ne rien ressentir. Vous allez ressentir de l’angoisse en restant, c’est certain, et c’est même le signe que le travail se fait. Rester avec l’anxiété, le temps que ça passe, sans fuir, c’est ça, la leçon. Être parfaitement calme n’est pas au programme, et ne le sera pas avant longtemps. La question n’est jamais “est-ce que j’étais bien ?”, elle est “est-ce que je suis resté ?”.

Les trente secondes qui changent tout

Concrètement, voici la règle que je vous propose, et elle est volontairement modeste. Quand l’angoisse monte quelque part et que tout en vous crie de partir, lancez le SOS, et tenez trente secondes de plus que d’habitude. Juste trente secondes. Puis, si vous voulez toujours partir, partez.

Trente secondes, ça semble ridicule. C’est énorme. C’est la différence entre “j’ai fui au signal” et “c’est moi qui décide du tempo”. C’est un message radicalement nouveau pour votre cerveau. Et vous verrez vite pourquoi ces trente secondes comptent autant. La plupart du temps, une fois qu’elles sont passées, la crise a déjà entamé sa descente, et on reste pour de bon, presque sans le décider.

Et si vous partez quand même ? Alors partez bien, en marchant, posément, comme on quitte un endroit, pas comme on échappe à un incendie. Terminez ce que vous faisiez si c’est possible, payez vos articles, dites au revoir. La différence entre partir et fuir est énorme pour votre cerveau. L’une est une décision qui ne grave rien, l’autre une confirmation du danger.

Allez à votre rythme, toujours. Si un pas vous paraît trop grand, prenez-en un plus petit. Il n’y a pas d’échec ici, il n’y a que votre rythme. Et pour commencer la reconquête, il y a d’ailleurs un terrain plus doux que les grandes situations, vos petites béquilles de tous les jours. C’est par elles qu’on va commencer.