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Chapitre 21

S'entraîner à froid, pour que le réflexe soit là le jour J

Des courbes de respiration, deux montées puis une longue descente douce

Le réflexe SOS ne fonctionne que s’il est déjà installé quand la crise arrive. C’est physiologique, on l’a dit. En pleine crise, votre cerveau est en mode alarme, et un cerveau en mode alarme n’apprend rien de nouveau. Il ne sait faire que ce qu’il connaît déjà par cœur. Le jour J, vous ne vous hisserez pas au niveau de la méthode, vous retomberez au niveau de votre entraînement.

Bonne nouvelle, l’entraînement est simple, court, et il tient en quatre pratiques.

Un. Apprenez les trois temps par cœur, à froid. Répétez-les à voix haute, quand tout va bien : Stopper le combat. Observer et accueillir. Se laisser porter. Encore. Jusqu’à ce qu’ils sortent tout seuls, comme votre adresse. Relisez votre carte SOS régulièrement, mettez-la en fond d’écran. Chaque fois que votre œil tombe dessus, c’est une répétition gratuite. L’objectif est que “SOS” soit gravé assez profond pour émerger même dans le brouillard d’une crise.

Deux. Pratiquez le soupir quotidien, chaque jour. Cinq minutes, au calme, avec l’audio guidé. Ça fait double emploi, et c’est voulu. Ça abaisse votre anxiété de fond jour après jour, l’étude de Stanford en témoigne, et ça rend le geste si familier qu’il sera disponible sans réfléchir le moment venu. C’est votre échauffement d’athlète. Ce n’est pas le match, mais c’est ce qui fait qu’on est prêt le jour du match.

Trois. Écoutez les audios SOS au calme, en simulation. Écoutez l’audio SOS Crise une première fois tranquillement installé, sans crise, comme une visite des lieux. Puis de temps en temps, refaites-le. Le but est que ma voix et le déroulé vous soient familiers, pour que le jour où vous en aurez vraiment besoin, vous soyez en terrain connu. Un guide connu rassure deux fois plus qu’un guide inconnu.

Quatre. Et surtout, utilisez le SOS sur les petites vagues. C’est le conseil le plus important du chapitre. N’attendez pas la grande crise pour essayer la méthode. La vie vous offre des occasions d’entraînement toutes les semaines : une bouffée d’angoisse en montant dans le bus, une montée de chaleur avant un rendez-vous, un cœur qui s’emballe après un café de trop, une envie pressante de vérifier votre pouls. Chacune de ces vaguelettes est un terrain d’entraînement parfait. Lâchez le combat, nommez, accueillez, laissez passer. Sur une petite vague, c’est plus facile, et chaque répétition renforce le réflexe. Vous apprenez à nager dans le petit bain, et le jour de la grande vague, les gestes seront là, automatiques, disponibles.

Un dernier mot sur l’état d’esprit de l’entraînement. Ne vous testez pas. Il ne s’agit pas de provoquer des sensations pour vous éprouver, jamais, ce n’est pas la philosophie de cette méthode et je l’ai écartée volontairement. Il s’agit d’accueillir ce que la vie amène d’elle-même, petit ou grand, comme autant d’occasions de pratiquer. La différence est la même que toujours. On ne cherche pas le combat, on cesse de le fuir.

Vous avez maintenant la méthode complète, et l’entraînement pour l’installer. Mais je sais d’expérience qu’entre la méthode “en général” et la vraie vie, il reste un fossé. Le métro n’est pas le salon, la réunion n’est pas le lit à trois heures du matin. Alors avant de passer à la reconquête, je vais faire avec vous ce qu’aucun guide ne prend le temps de faire. Dérouler le réflexe SOS, scène par scène, dans les situations réelles de votre quotidien. Celles où vous vous demandez, très concrètement : d’accord, mais là, je fais quoi ?