Sommaire du module
Voyager tranquille
Reprendre les transports, barreau par barreau
Tout ce module s’assemble maintenant dans la logique du chapitre 25 du guide, l’échelle. On ne reprend pas les transports en réservant un Paris-Tokyo pour se prouver quelque chose. On remonte barreau par barreau, chacun répété jusqu’à l’ennui avant de passer au suivant.
Exemple d’échelle bus, à adapter, et c’est la plus accessible de toutes : attendre à l’arrêt et laisser passer un bus, juste pour se réhabituer au lieu. Deux arrêts, heure creuse, assis près de la porte. Cinq arrêts, un peu plus loin de la porte. La ligne entière. La même à une heure pleine, debout. Chaque barreau, deux ou trois fois au moins.
Exemple d’échelle métro, pour les urbains : entrer dans la station et regarder passer deux rames, sans monter. Un arrêt, heure creuse, wagon du milieu. Trois arrêts. Un tronçon avec le long tunnel. Un trajet complet. Le même à une heure pleine.
Exemple d’échelle voiture : le tour du quartier, seul. La nationale sur dix minutes. L’entrée d’autoroute jusqu’à la première sortie. Deux sorties. Le tunnel du coin. Un trajet d’une heure. Puis les passagers, si conduire accompagné vous pèse, ou l’inverse.
Exemple d’échelle rail et air : le TER d’une demi-heure. L’intercité de deux heures. Le TGV. Et l’avion en couronnement, un vol court, une heure, un aller-retour dans la journée s’il le faut, avant le moyen-courrier des vacances. Un vol d’une heure réussi désamorce à lui seul la moitié du dossier avion, car la preuve tient dans le carnet, pas dans la durée.
Les règles ne changent pas : on y va avec la crise s’il le faut, on ne fuit pas en cours de barreau, on célèbre chaque marche, on refait le barreau d’en dessous les jours de fatigue, et on note tout dans le journal des vagues. Les transports rendent le territoire plus vite qu’on ne croit. Ils sont impressionnants de loin et très répétitifs de près, et la répétition est exactement ce qui tue la peur.