Qu'est-ce qu'une crise de panique ? Définition simple

Si vous cherchez cette définition, il y a de bonnes chances que vous ayez vécu, vous ou un proche, quelque chose d’inexplicable et de terrifiant. Un moment où le corps s’est emballé d’un coup, sans raison, avec cette conviction absolue que quelque chose de grave était en train d’arriver.

Je suis passé par là. Et la première chose dont j’avais besoin, c’était de comprendre ce qui venait de m’arriver. Voici la définition que j’aurais aimé lire à l’époque, avec des mots simples.

La définition, en clair

Une crise de panique (les médecins parlent d’attaque de panique) est une montée de peur intense et brutale, qui survient souvent sans déclencheur apparent, et qui s’accompagne de symptômes physiques très forts : cœur qui s’emballe, souffle court, vertiges, tremblements, sueurs, picotements, impression d’irréalité.

Elle atteint son pic en quelques minutes, puis redescend d’elle-même. Elle est extrêmement impressionnante à vivre. Et pourtant, une fois qu’un médecin a écarté une cause physique, elle n’est pas dangereuse : c’est le système d’alarme du corps qui se déclenche à vide, sans danger réel en face.

C’est cette combinaison qui rend la crise de panique si déroutante : des sensations dignes d’une urgence vitale, produites par un corps en parfaite santé qui croit vous protéger.

À quoi ça ressemble, de l’intérieur

Ma première crise m’a pris un midi, au restaurant, entre amis. Le cœur qui accélère sans raison, les picotements au visage, la bouche sèche, la vue qui se trouble, l’impossibilité de suivre la conversation, et cette pensée qui écrase tout : je suis en train de mourir, là, maintenant.

Si vous avez connu ça, vous savez que les mots “stress” ou “angoisse” paraissent presque insultants tellement ils sont en dessous de la réalité. C’est bien pour ça que tant de premières crises se terminent chez le médecin ou aux urgences. Et c’est d’ailleurs la bonne réaction : on ne conclut jamais soi-même à la crise de panique, on laisse un médecin écarter d’abord une cause physique.

Ce qui se passe dans votre corps à ce moment-là

Votre cerveau possède un système d’alarme très ancien, conçu pour vous sauver la vie en cas de danger : c’est la fameuse réaction de combat ou de fuite. Quand il croit détecter une menace, il libère de l’adrénaline. Le cœur accélère pour envoyer du sang dans les muscles, la respiration s’emballe pour amener de l’oxygène, les sens se mettent en alerte. Tout votre corps se prépare à courir.

Pendant une crise de panique, ce système se déclenche exactement de la même façon. À un détail près : il n’y a aucun danger. L’alarme sonne à vide, comme une alarme incendie qui hurlerait dans tout l’immeuble alors qu’il n’y a pas de feu. Les sensations sont réelles, puissantes, mais elles ne signalent rien de cassé. J’ai détaillé chaque symptôme et son explication dans la page sur les symptômes.

Combien de temps ça dure

Une crise de panique fonctionne comme une vague : elle monte, atteint un sommet, généralement en moins de dix minutes, puis redescend d’elle-même. Le corps est incapable de maintenir ce niveau d’alerte longtemps, l’adrénaline se dissipe toujours.

La sensation d’épuisement ou de flottement qui suit peut durer plus longtemps, parfois quelques heures, et c’est normal : votre corps vient de mobiliser énormément d’énergie pour rien. J’ai consacré un article entier à la durée des crises, parce que savoir que ça redescend toujours change beaucoup de choses.

Crise de panique ou crise d’angoisse ?

Dans le langage courant, les deux expressions désignent la plupart du temps la même chose, et sur ce site je les emploie l’une pour l’autre. S’il fallait nuancer : on parle plutôt de crise de panique pour l’épisode aigu et brutal, avec pic en quelques minutes, et de crise ou montée d’angoisse pour des états plus progressifs ou moins intenses. J’explique la différence en détail ici, mais retenez surtout que le mécanisme de fond, et la façon d’en sortir, sont les mêmes.

Est-ce grave ? Est-ce fréquent ?

Deux réponses rassurantes.

D’abord, la crise de panique en elle-même ne provoque ni crise cardiaque, ni évanouissement dans l’immense majorité des cas, ni folie. Elle est éprouvante, pas dangereuse. La condition, toujours la même : avoir consulté un médecin pour écarter une cause physique, parce que certains problèmes bien réels peuvent donner des symptômes proches, et que ce tri ne se fait pas tout seul.

Ensuite, vous n’êtes pas un cas isolé, loin de là. Les troubles anxieux comptent parmi les troubles les plus répandus : selon l’Inserm, environ un adulte sur cinq sera concerné au cours de sa vie. Et vivre une attaque de panique isolée, sans que cela devienne un trouble installé, est plus fréquent encore. Vous n’êtes ni bizarre, ni fragile, ni seul.

Le vrai problème commence après la première crise

Voici ce qu’on ne vous dit presque jamais, et c’est pourtant le point le plus important de cette page.

La crise de panique elle-même est un événement limité : elle monte, elle redescend, elle se termine. Ce qui transforme un épisode isolé en cauchemar qui dure, c’est ce qui s’installe après : la peur d’en refaire une. On se met à guetter son corps, à éviter des endroits, à vivre en alerte. Et cette peur permanente devient, sans qu’on s’en rende compte, le carburant des crises suivantes.

Autrement dit : on ne reste pas coincé à cause des crises. On reste coincé à cause de la peur des crises. C’est le mécanisme que j’explique dans l’article sur la peur d’avoir peur, et c’est la clé de tout.

Ce qu’il faut retenir

Une crise de panique est une fausse alerte : un système de survie qui fonctionne parfaitement, mais qui se déclenche au mauvais moment. Elle est terrifiante à vivre et sans danger une fois la cause physique écartée par un médecin. Elle redescend toujours d’elle-même. Et la sortie du cycle ne passe pas par apprendre à la combattre, mais par cesser, progressivement, de la craindre.

Si vous vous demandez pourquoi c’est tombé sur vous, et pourquoi maintenant, la réponse est dans la page sur les causes des crises. Elle est plus simple, et plus déculpabilisante, que vous ne l’imaginez.

Un rappel important. Les explications de cet article valent une fois qu'un médecin a écarté une cause physique à vos symptômes. Si ce n'est pas encore fait, si une sensation vous semble inhabituelle ou si vous avez le moindre doute, consultez. Ce site ne remplace pas un avis médical. Je ne suis pas médecin : je suis quelqu'un qui est passé par là, et qui partage ce qu'il a compris en chemin.

Aller plus loin

Comprendre est la première étape. Si vous voulez aller au bout du chemin et cesser de vivre dans la peur de la prochaine crise, j'ai rassemblé tout ce qui m'a aidé dans une méthode complète.

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