Crise d'angoisse : que faire quand elle monte ?
Le cœur s'emballe, le souffle se raccourcit, la panique monte. Voici ce qui aide vraiment pendant une crise d'angoisse, et pourquoi vos réflexes habituels l'entretiennent sans le vouloir.
Il y a une question qui m’a longtemps rendu fou. Si une crise de panique n’est qu’une fausse alerte, si mon médecin me jure que je n’ai rien, pourquoi est-ce que ça revient ? Pourquoi est-ce que ça ne s’arrête pas, tout simplement ?
La réponse ne se trouve pas dans les crises elles-mêmes. Elle se trouve dans ce qui se passe entre les crises. Et si vous ne deviez lire qu’un seul article de ce site, c’est celui-ci, parce que le mécanisme que je vais décrire est le cœur de tout le problème, et donc le cœur de la solution.
Avant votre première crise, vous ne pensiez jamais à votre corps. Le cœur battait, les poumons respiraient, et vous viviez votre vie sans surveiller quoi que ce soit.
Puis la première crise est passée par là. Et depuis, quelque chose a changé : vous êtes en alerte. En permanence. Une partie de vous guette le moindre signal interne, le battement un peu fort, le souffle un peu court, le vertige léger, cette impression bizarre dans la tête. Vous êtes devenu le vigile de votre propre corps.
Ça aussi, c’est une réaction normale. Votre cerveau a vécu ce qu’il a interprété comme une alerte majeure, et il fait ce que font tous les systèmes d’alarme après une grosse frayeur : il baisse son seuil de déclenchement. Le problème, c’est ce que cette vigilance fabrique.
Suivez la mécanique, elle tient en quatre temps.
Un : votre cœur accélère un peu. Pour une raison parfaitement banale, vous avez monté un escalier, bu un café, eu une contrariété, ou rien du tout, le corps vit et fluctue en permanence.
Deux : vous le remarquez immédiatement, puisque vous guettez. Et la pensée arrive : oh non, ça recommence.
Trois : cette pensée fait peur. Et la peur déclenche de l’adrénaline, qui accélère le cœur pour de bon, raccourcit le souffle, fait monter la chaleur.
Quatre : ces nouvelles sensations confirment la pensée. C’était donc bien une crise. La peur explose, l’adrénaline suit, et vous voilà en pleine vague.
Regardez bien ce qui s’est passé : il n’y avait rien au départ. Une fluctuation banale. C’est la peur de la crise qui a fabriqué la crise. Vous avez allumé l’alarme vous-même, sans le vouloir, en prenant une sensation normale pour un début de danger.
C’est pour ça qu’on dit que le vrai problème n’est pas la crise, mais la peur d’avoir peur. La crise n’est que le feu. La peur d’en refaire une, c’est le carburant.
Cette peur ne se contente pas de guetter les sensations. Elle s’infiltre partout, et vous allez probablement vous reconnaître.
Il y a la peur par anticipation. On vous invite à un concert dans trois semaines, et au lieu d’être content, vous y êtes déjà : la foule, la place au milieu de la rangée, comment sortir si ça arrive. La crise n’existe pas, elle n’existera peut-être jamais, mais vous la vivez déjà, des jours à l’avance.
Il y a la peur par contagion. Une collègue raconte que son voisin a fait un malaise, et voilà votre journée fichue : vous allez surveiller votre cœur jusqu’au soir.
Il y a, pour certains, la peur du soir et de l’endormissement, ce moment où l’on se sent partir et où le corps se relâche, qui peut déclencher une impression de bascule.
Tous ces visages ont la même racine. Ce n’est pas le concert, le récit du malaise ou le sommeil qui vous menacent. C’est toujours la même peur, celle de la prochaine crise.
Je sais que ce tableau peut sembler décourageant. Il dit pourtant quelque chose d’immense, et c’est le tournant de toute cette histoire.
Si le moteur du cycle, c’est la peur de la crise, alors vous n’avez pas besoin d’apprendre à stopper vos crises. Personne n’y arrive d’ailleurs, et c’est bien pour ça que tout ce que vous avez tenté, respirer, vous distraire, fuir, éviter, n’a jamais réglé le fond. Vous avez besoin d’une seule chose : cesser de craindre vos crises.
Le jour où une montée d’angoisse cesse d’être une catastrophe annoncée pour devenir ce qu’elle est réellement, une vague désagréable mais sans danger qui va redescendre d’elle-même, le cycle perd son carburant. Les crises deviennent plus rares, plus courtes, plus faibles. Non pas parce que vous les combattez mieux, mais parce que vous ne les nourrissez plus.
Pas en se le répétant devant la glace, évidemment. La peur ne s’efface pas sur commande. Elle se désamorce, progressivement, par trois choses.
D’abord, comprendre. Chaque symptôme qui vous effraie a une explication simple et rassurante. Le cœur qui s’emballe, par exemple, a une mécanique précise que j’ai détaillée dans l’article sur les palpitations. Une sensation expliquée fait toujours moins peur qu’une sensation mystérieuse.
Ensuite, traverser autrement. Apprendre à laisser passer une vague sans lutter contre elle, c’est la compétence centrale, et elle s’apprend. J’ai décrit les trois mouvements dans l’article sur quoi faire quand une crise monte.
Enfin, arrêter de nourrir la peur au quotidien : cesser peu à peu d’éviter les endroits, de surveiller son corps, de s’entourer de précautions. Chaque fois que vous restez et que rien de grave n’arrive, votre cerveau réapprend, tout seul, que le monde est praticable. C’est un chemin qui se fait en douceur, à votre rythme, et c’est exactement celui que j’ai suivi.
Je n’ai pas cherché à devenir quelqu’un qui ne ressent plus jamais d’angoisse. Ça n’existe pas, et ce serait mentir de vous le promettre. J’ai simplement cessé d’avoir peur d’avoir peur. Et c’est ça qui a tout changé.
Comprendre est la première étape. Si vous voulez aller au bout du chemin et cesser de vivre dans la peur de la prochaine crise, j'ai rassemblé tout ce qui m'a aidé dans une méthode complète.
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