Les symptômes d'une crise de panique, expliqués un par un
Cœur qui s'emballe, souffle court, vertiges, picotements, impression d'irréalité : chaque symptôme d'une crise de panique a une explication simple. Les voici, une par une.
De tous les symptômes de mes crises, c’est celui qui me faisait perdre pied le plus vite : l’air qui ne rentre plus. Cette impression de respirer à travers une paille, de devoir aller chercher chaque inspiration, avec la panique qui grimpe à chaque bouffée ratée. Parce qu’on peut douter de beaucoup de choses, mais pas de ça : respirer, c’est vivre. Alors quand le souffle semble se dérober, le cerveau conclut à l’urgence absolue.
Voici pourtant ce que j’ai appris, et qui a changé ma façon de vivre ce symptôme : pendant une crise d’angoisse, cette sensation d’étouffement raconte l’exact inverse de ce qui se passe.
Quand l’alarme interne se déclenche, votre respiration s’accélère automatiquement : le corps se prépare à courir, il fait le plein d’oxygène. Mais comme vous ne courez nulle part, vous respirez beaucoup plus que ce que votre corps consomme. C’est ce qu’on appelle l’hyperventilation.
Or respirer trop n’est pas neutre. En expirant trop vite et trop souvent, vous évacuez trop de gaz carbonique, et ce déséquilibre chimique momentané produit toute une famille de sensations : des picotements et des fourmillements (doigts, lèvres, visage), des vertiges et une tête légère, une vision qui se trouble, des muscles qui se crispent, et, le plus traître de tous, une sensation de gêne respiratoire.
Vous avez bien lu : c’est l’excès de respiration qui fabrique l’impression de manquer d’air. D’où le cercle infernal que vous connaissez peut-être par cœur : vous sentez que l’air manque, alors vous respirez plus fort, ce qui aggrave le déséquilibre, ce qui renforce la sensation d’étouffement, ce qui vous fait respirer encore plus fort. Vous vous noyez dans l’air.
Pendant tout ce temps, vos poumons fonctionnent parfaitement, et votre sang est saturé d’oxygène. Rien, physiquement, ne vous étouffe.
Beaucoup de gens décrivent autre chose ou en plus : une boule dans la gorge, une sensation de gorge qui se ferme, une difficulté à avaler. C’est de la tension musculaire. Sous l’effet de l’alerte, les muscles de la gorge et du cou se contractent, et la salivation diminue, ce qui donne cette impression de passage rétréci. C’est inconfortable, parfois obsédant, mais la gorge ne se ferme pas : vous pouvez le vérifier d’ailleurs, vous continuez d’avaler, de parler, de respirer, même quand la sensation est là.
Vous connaissez la règle de ce site, elle s’applique doublement ici : ces explications valent une fois qu’un médecin a écarté une cause physique. Les vraies difficultés respiratoires existent, l’asthme, les allergies, et d’autres causes que seul un médecin peut trier. Une gêne respiratoire qui ne ressemble pas à vos crises habituelles, qui survient à l’effort, qui s’accompagne de sifflements ou qui ne redescend pas : on consulte, ou on appelle le 15. Ce tri fait, ce qui suit s’applique.
D’abord, ce qu’il ne faut pas faire : les grandes inspirations forcées. C’est le réflexe universel, aller chercher de l’air à pleins poumons, et c’est précisément ce qui entretient l’hyperventilation. Plus vous gonflez la poitrine à grands coups, plus le déséquilibre s’installe.
Ensuite, ce qui aide réellement, en trois temps.
Nommez ce qui se passe : je ne manque pas d’air, j’en prends trop. C’est une hyperventilation, c’est le symptôme le plus classique de l’angoisse, et il est inoffensif. Cette simple phrase, quand on la sait vraie, désamorce la moitié de la panique.
Laissez la respiration tranquille. Vous n’avez pas à la piloter, votre corps régule ça très bien tout seul, il le fait depuis votre naissance. Si vous voulez l’accompagner, faites une seule chose : ralentissez l’expiration. Soufflez doucement, longuement, comme pour faire vaciller une bougie sans l’éteindre. L’expiration lente est le geste qui inverse l’hyperventilation, sans lutte. J’explique dans l’article sur la respiration comment l’utiliser sans tomber dans le piège d’en faire une béquille.
Puis laissez la vague passer. La sensation d’étouffement suit la même courbe que tout le reste : elle monte, elle culmine, elle redescend avec l’adrénaline. Vous n’avez pas à la faire cesser, juste à ne plus l’alimenter. La méthode complète est dans l’article sur quoi faire quand une crise monte.
Depuis que je sais ce qu’est l’hyperventilation, ce symptôme a perdu presque tout son pouvoir sur moi. Pas parce que la sensation a disparu du jour au lendemain, mais parce qu’elle a changé de sens : ce n’était plus “je m’étouffe”, c’était “je respire trop, comme d’habitude, ça va redescendre”. Une sensation expliquée fait toujours moins peur qu’une sensation mystérieuse. Et celle-ci, je vous le promets, est l’une des mieux expliquées de toutes.
Comprendre est la première étape. Si vous voulez aller au bout du chemin et cesser de vivre dans la peur de la prochaine crise, j'ai rassemblé tout ce qui m'a aidé dans une méthode complète.
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